Choisir une banque en ligne pour investir : bonne ou mauvaise idée ?
Choisir une banque en ligne pour investir : bonne ou mauvaise idée ?
Ouvrir un compte pour acheter des actions, des ETF ou alimenter un PEA paraît, à première vue, plus rassurant quand on reste dans l’univers de sa banque. C’est souvent le réflexe du débutant : garder la même application, le même espace client, le même IBAN, et se dire que tout sera plus simple. Pourtant, ce raisonnement n’est plus forcément le bon en 2026. L’AMF rappelle que les particuliers sont de plus en plus nombreux à investir via les ETF, avec 296 000 investisseurs actifs sur ETF en 2023 et 567 000 personnes ayant réalisé au moins une transaction sur ETF sur cinq ans. Le sujet n’est donc plus marginal, et la question des frais n’est plus secondaire.
Investir depuis sa banque habituelle est-il vraiment plus simple ?
Pas forcément. Acheter des titres passe dans tous les cas par l’ouverture d’une enveloppe dédiée, comme un compte-titres ordinaire ou un PEA, que vous passiez par une banque ou par un courtier.
Le parcours administratif n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a dix ans : ouverture en ligne, vérification d’identité, questionnaire investisseur, signature électronique, alimentation du compte.
En clair, la simplicité ne dépend plus tant du logo bancaire que de l’ergonomie de la plateforme et de la qualité de l’exécution. Beaucoup d’épargnants tapent aujourd’hui meilleur courtier bourse sur Google en pensant chercher un outil « plus complexe », alors qu’ils découvrent souvent un environnement plus lisible, plus pédagogique et mieux pensé pour investir que celui de leur banque du quotidien.
L’AMF rappelle d’ailleurs qu’un intermédiaire sérieux, qu’il soit banque ou courtier, doit être vérifiable comme prestataire de services d’investissement sur les registres officiels.
Pourquoi les banques traditionnelles restent-elles rarement le bon choix ?
Parce qu’elles coûtent souvent plus cher et offrent moins de souplesse.
Ce n’est pas qu’elles soient inutiles, mais pour un investisseur particulier qui veut acheter régulièrement des ETF, faire du long terme, ou se constituer un portefeuille progressivement, elles sont souvent pénalisantes.
L’AMF a relevé que, pour les banques, les frais moyens d’un ordre internet sur Euronext Paris restaient autour de 0,49 % sur un ordre de 1 000 € en PEA et 0,68 % sur un ordre de 1 000 € en compte-titres, avec des droits de garde encore présents chez de nombreux acteurs. À l’inverse, les courtiers en ligne affichent des frais moyens nettement plus bas, autour de 0,28 % sur un ordre de 1 000 €, puis 0,10 % sur 5 000 € et 0,09 % sur 10 000 €. Et encore, certains sont sans commission sur l’achat d’action et ETF sous certaines conditions.
Autrement dit, quand on investit chaque mois, la différence n’est pas cosmétique : elle grignote la performance année après année.
Les banques en ligne sont-elles une meilleure solution que les banques classiques ?
Oui, mais avec des limites. Dans le paysage français, BoursoBank et Fortuneo sont clairement les deux banques en ligne qui ressortent le plus sérieusement pour la bourse.
BoursoBank met en avant l’absence de droits de garde et son univers Boursomarkets, avec plus de 45 000 placements financiers accessibles avec 0 € de frais à l’achat ou sans frais de courtage sur certaines offres.
Fortuneo, de son côté, propose une grille plus lisible pour Euronext, avec une formule Starter à 0 € pour le premier ordre mensuel jusqu’à 500 €, puis 0,35 % par ordre, une formule Progress à 4,90 € jusqu’à 3 000 €, puis 0,15 %, et une formule Trader Pro à 9,50 € jusqu’à 10 000 €, puis 0,10 %. Pour quelqu’un qui veut rester dans un univers bancaire connu, ce sont de vraies options.
Mais il faut être honnête : même ces bonnes banques en ligne ne dominent plus naturellement le marché de l’investissement. Dès qu’on sort du réflexe « je veux tout au même endroit », les spécialistes reprennent souvent l’avantage.
- Bourse Direct affiche par exemple 0,99 € jusqu’à 500 €, 1,90 € entre 500 et 1 000 €, 2,90 € entre 1 000 et 2 000 €, 3,80 € entre 2 000 et 4 400 €, puis 0,09 % au-delà, tout en indiquant l’absence de droits de garde, d’inactivité et de tenue de compte.
- Trade Republic facture 1 € par ordre exécuté hors plans d’épargne, et met en avant un PEA sans frais grâce aux plans d’épargne.
- XTB annonce de son côté 0 % de commission sur les actions et ETF dans la limite de 100 000 € investis par mois, puis 0,2 % au-delà, avec supervision de sa succursale française par l’AMF.
Quand on compare froidement le coût d’un petit investisseur qui fait des versements réguliers, les courtiers spécialisés sont souvent plus agressifs.
Les courtiers internationaux sont-ils vraiment sérieux ?
Oui, à condition de vérifier la régulation et l’entité exacte. Il faut sortir d’un vieux réflexe français selon lequel « banque connue = sécurité » et « courtier international = zone grise ».
Ce n’est pas la nationalité marketing qui compte, mais le cadre réglementaire. L’AMF explique qu’une société étrangère implantée dans l’Espace économique européen peut proposer ses services en France si elle dispose du passeport européen et apparaît sur les registres adaptés, notamment Regafi selon son statut. L’AMF rappelle aussi que les litiges ne se traitent pas toujours de la même manière selon que l’intermédiaire agit en libre prestation de service ou via une succursale en France. C’est exactement pour cela qu’il faut contrôler l’entité, et non juger sur l’apparence. XTB indique que sa succursale française est contrôlée par l’AMF. eToro précise, pour l’Europe, être réglementé par la CySEC. Le sujet n’est donc pas « français ou étranger », mais régulé ou non, vérifiable ou non, clair ou non.
Pour un débutant ou un petit investisseur, faut-il quand même privilégier le courtier ?
Dans beaucoup de cas, oui. Le débutant pense souvent qu’il a besoin d’une banque, alors qu’il a surtout besoin d’une interface simple, de frais bas, de versements programmés et d’un choix d’ETF cohérent. Or plusieurs courtiers sont précisément construits pour cela. Trade Republic met en avant l’investissement dès 1 € et les plans d’épargne. XTB insiste sur son accès sans commission à de nombreuses actions et ETF, tout en proposant une version démo et des contenus de formation. Même le ministère de l’Économie rappelle que les ETF peuvent être logés dans un CTO, un PEA, un PER ou une assurance-vie selon les cas. Donc non, passer par un courtier n’est pas « réservé aux traders ». Pour un investisseur qui achète chaque mois un ETF monde, c’est souvent l’option la plus rationnelle.
Faut-il utiliser plusieurs courtiers plutôt qu’un seul ?
C’est souvent une bonne stratégie. Juridiquement, vous ne pouvez pas détenir plusieurs PEA classiques en même temps, mais vous pouvez avoir plusieurs comptes-titres ordinaires. Cela change beaucoup de choses.
Concrètement, un investisseur peut choisir un seul PEA chez l’acteur le plus compétitif pour les achats d’actions et d’ETF éligibles, puis ouvrir un ou plusieurs CTO ailleurs pour accéder à d’autres places boursières, à des actions américaines, à une autre ergonomie, ou simplement pour répartir ses usages. C’est une manière de diversifier non seulement les actifs, mais aussi les intermédiaires, sans compliquer exagérément sa gestion. Pour le PEA, il faut regarder en priorité le coût réel des ordres, la qualité de l’interface, le choix d’ETF éligibles et les éventuels frais annexes. L’AMF rappelle en outre que les frais du PEA sont plafonnés, notamment 0,5 % sur les transactions en ligne, ce qui permet de comparer plus facilement les offres.
Alors, choisir une banque en ligne pour investir, bonne ou mauvaise idée ?
Bonne idée en transition, moins bonne idée comme solution finale par défaut. Si l’objectif est de faire ses premiers pas sans changer totalement d’univers, BoursoBank et Fortuneo tiennent la route et sont nettement plus crédibles que la plupart des banques traditionnelles pour investir. Mais si l’objectif est d’optimiser ses frais, d’élargir son univers d’investissement, d’investir régulièrement en ETF ou de bâtir un portefeuille vraiment efficace dans la durée, les courtiers spécialisés reprennent souvent l’avantage. La bonne logique n’est donc plus « banque ou courtier ? », mais plutôt : quel acteur est le plus adapté à mon PEA, à mon CTO, à mon rythme d’investissement et à mes coûts réels ? Pour un petit investisseur, le mauvais choix n’est pas d’aller chez un courtier ; le mauvais choix, c’est souvent de payer trop cher pour une impression de simplicité qui n’existe plus vraiment.
Les prix indiqués dans cet article sont susceptibles d’évoluer. Il est recommandé de consulter le site de l’établissement cité pour vérifier les conditions. Il ne s’agit pas d’un conseil en investissement.

Inspiré dès son plus jeune âge par son oncle, gestionnaire de patrimoine pour milliardaires à Singapour, Rémi De Truchis de Varennes a suivi une formation rigoureuse en ingénierie (ENSMM France, 2021), école du concours commun Polytechnique. Combinant son expertise d’ingénieur avec une passion indéfectible pour la finance, il a développé des algorithmes novateurs en Python pour identifier les actions sous-évaluées. Il prouve son autorité et expertise financière en créant la plateforme éducative « Parlons Long Terme » (2020) et est certifié par l’Autorité des Marchés Financiers (2021). Son entreprise a aujourd’hui déjà guidé plus de 400 investisseurs vers la réussite boursière.
Suivi par une communauté de 60 000 enthousiastes de finance, Rémi est l’auteur du best-seller « Enseignez l’argent à vos enfants » et co-fondateur de Value Investing Screener (VIS), reconnu comme l’un des meilleurs logiciels de recherche d’actions du marché.